L´accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daichi traumatise le monde entier depuis le 11 mars, jour du fameux tremblement de terre de magnitude 9 suivi d'un tsunami.
Dans notre pays, après une première phase de compassion vis-à-vis du peuple japonais et des étrangers résidant au Japon, les médias français ont basculé dans une phase d'inquiétude vis-à-vis de l'impact sur la santé de nos concitoyens. A 10 000 kilomètres de distance, on peut pourtant espérer que nous serons préservés de conséquences graves, compte tenu de la dispersion. Pour autant, cette attention vis-à-vis de ce drame semble circonstancielle et, avec la Lybie, l'intérêt le concernant a considérablement diminué.
On sent pourtant un malaise par rapport à des régions entières, y compris la mégapole tokyoïte, qui deviendraient inhabitable pour cause de niveau de radioactivité trop élevé.
On ne comprend toujours pas l'attitude des ingénieurs japonais qui persistent à arroser les réacteurs avec de l'eau de mer, irradiant cette eau qui doit bien ensuite s'échapper quelque part. Si cela doit durer des semaines, a-t-on bien mesuré le volume d'eau contaminée que cela représente ? Pourquoi n'ont-ils pas plutôt noyé dans le sable et le béton ces réacteurs qui devront de toutes façons être scellés définitivement ?
Techniquement, le tsunami a endommagé le circuit d'alimentation électrique de secours ainsi que le groupe électrogène du site. L'un des responsables de l'Autorité de Sécurité Nucléaire française a d'ailleurs convenu que les spécialistes du monde entier en avaient été très surpris. Pour simplifier, personne ne l'avait imaginé. Ce n'est pas non plus pour nous rassurer concernant nos propres centrales en France ou pour celles qui se trouvent en Californie et qui pourraient subir les effets du Big One, ce gigantesque tremblement de terre attendu incessamment sous peu (à l'échelle géologique) sur la côte Pacifique des Etats-Unis.
A Tchernobyl, ce sont environ 100 000 kilomètres carrés qui sont inhabitables pendant de très longues années, peut-être 30 000 ans. Vingt-cinq ans plus tard, dans un pays démocratique technologiquement très avancé, après deux semaines, les réacteurs persistent à émettre leurs radiations dans l'air environnant. La civilisation humaine peut-elle vraiment se payer le luxe d'une catastrophe équivalente tous les 25 ans ?
Une nouvelle fois, l'homme "civilisé" aurait-il oublié l'essentiel : la survie de notre espèce ?
mardi 22 mars 2011
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