lundi 23 mai 2011

Justice pour tous ("justice for all")

On voudrait passer à travers, oublier cette histoire sordide d'hôtel de luxe new-yorkais que l'on ne pourrait pas. Et pour cause : le pays de la Liberté ne badine pas sur le sexe (s'il s'agit de viol, on est d'accord !), sanctionne avec sévérité les puissants (très bien !) et n'hésite pas à mettre l'accusé en scène d'une manière qui renvoie plus aux studios de la Côte ouest qu'à un vrai (!) commissariat de Manhattan.
Or ce lynchage médiatique mondial pour reprendre les termes de JP Chevènement est écoeurant, à vomir : quelles conséquences définitives sur la vie de celui qui est ainsi livré à un pilori mondial alors que, jusqu'à preuve du contraire, il est présumé innocent !

Autre source d'étonnement : l'accusé encourt 70 années de prison pour un viol.
Certes, voilà un crime qui mérite plusieurs années de prison, mais 70 ans ? Quelle condamnation alors pour des meurtriers et violeurs d'enfants ? Est-ce que de telles peines ne ressemblent pas plutôt à une loi du Talion appliquée par la société ?

Enfin, si une nouvelle fois, nous saluons cette impérative égalité de chacun face à la justice, l'instruction à charge du procureur questionne : quid des inculpés qui n'ont pas les moyens de payer des détectives pour les défendre ? De quelle égalité ou de quelle équité parle-t-on quand le puissant peut se payer enquêteurs et avocats renommés ?

Justice pour tous, mais pas de la même manière.

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