vendredi 13 mai 2011

Le travail

Nos penseurs auraient-ils enfin réalisés l’importance du travail dans nos sociétés contemporaines ?
De véritable rite de passage à l’âge adulte, au meilleur intégrateur républicain pour les personnes d’origine étrangère, ce principal moyen de subsistance pour la majorité de nos compatriotes – les autres solutions pour gagner de l’argent sans travailler étant les rentes patrimoniales et financières, les retraites et les allocations sociales – semble avoir repris sa place au cœur du débat alors que des contre-feux sur le pouvoir d’achat, la retraite ou la sécurité par exemple étaient allumés.
Imaginons un instant une société sans travailleurs, où les robots auraient remplacé les hommes dans l’intégralité des tâches tant domestiques que productrices. Cette société serait-elle viable ? Aurait-elle un avenir ? qu’adviendrait-il des hommes si les robots tombaient soudainement en panne ? L’espèce humaine disparaîtrait certainement car elle serait devenue incapable de s’adapter à la nouvelle situation.
Le travail est indispensable à l’humain. Pour reprendre la célèbre pyramide de Maslow, inventée par un Américain dans les années quarante et qui décrit les besoins fondamentaux de l’homme, celui-ci recherche une forme de reconnaissance de lui-même par les autres. Quelqu’un qui n’a plus de travail depuis un certain temps peut évidemment à un moment donné use sentir exclus de la société et par conséquent très mal le vivre.
Le chômage de masse, même s’il est indemnisé, n’est pas une solution viable à long terme pour une société. Comment accepter que, dans certains quartiers de notre pays, près de la moitié de la population de moins de 30 ans soit sans emploi ? à un âge où l’on ne demande qu’à attraper le monde des deux mains !

Si 2007 fut l’élection du pouvoir d’achat, 2012 semble partie pour évoquer abondamment la valeur travail.

Certes, Dominique De Villepin a maladroitement dégainé le premier en proposant un revenu citoyen attribué à tout le monde. Chaque bénéficiaire aurait seulement l’obligation morale d’en chercher un ou d’avoir une activité bénévole. Résultat : la démission de son porte-parole et de grosses moqueries sur l’irréalisme de la mesure.

À l’opposé, ces jours-ci, Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat sur un sujet qui n’a aucun rapport, demande le plafond du RSA et souhaiterait imposer cinq heures de travail hebdomadaire à ses bénéficiaires. Résultat : volée de bois vert là encore et recadrage de l’impétueux par le Premier ministre lui-même.
Nous nous arrêterons sur ce dernier point en posant quelques questions à ce monsieur :
Il semble effectivement que la différence entre un bénéficiaire du RSA et un smicard soit faible. Qui a créé le RSA ? Votre gouvernement.
Qui refuse les emplois « aidés », c’est-à-dire partiellement financés par l’Etat ? Le même gouvernement.
Comment pensez-vous organiser cinq heures de travail hebdomadaire pour plusieurs millions de personnes ?
Ne pensez-vous pas qu’il vaudrait mieux 20 heures dans ce cas ?
Mais alors on revient aux contrats aidés ?
Et si vous développiez une VRAIE politique d’aide à l’emploi ?

Paul Jorion énonce quatre principes dans son dernier livre « le capitalisme à l’agonie » qui pourraient avantageusement inspirer tous les candidats à l’élection présidentielle :
“ne pas imposer le travail qui constitue sans conteste l’activité humaine la plus utile et la plus digne d’être encouragée”
“imposer substantiellement les revenus du capital” (dont les stock- options)
“imposer de manière dissuasive les gains du jeu” (y compris les opérations financières)
“éliminer les rentes de situation”. (*)

Enfin une politique économique où la politique réaffirme enfin sa prééminence sur l’économie !



(*) Voir : http://colblog.blog.lemonde.fr/2011/04/09/paul-jorion-le-capitalisme-a-lagonie/

0 commentaires: