dimanche 12 juin 2011

Torture, vous avez dit torture ?

Si la torture n'avait été autorisée par Bush, jamais Obama n'aurait réussi à se débarrasser de Ben Laden.
Voilà sans doute l'enseignement que l'on peut tirer des informations fournies par les USA après qu'ils ont éliminé leur ennemi public numéro 1 depuis près de 10 ans.
Certes, de telles informations dans un tel contexte doivent forcément être prises avec des pincettes. Pourtant, on se demande pourquoi l'administration Obama, ouvertement opposée à Guantanamo et aux méthodes d'interrogatoire qui s'y déroulaient, aurait organisé une semblable fuite.
D'après ces fameuses sources donc, l'organisateur des attentats du 11 septembre, Khalid Sheikh Mohammed, aurait, après sa capture en 2003, subi de multiples interrogatoires.
Après de très nombreuses simulations de noyade ("waterboarding"), il aurait fini par donner le nom de l'agent de liaison qu'utilisait Ben Laden.
Or le waterboarding en question correspond, rappelons-le, au fameux supplice de la baignoire auquel la Gestapo soumettait les résistants durant la seconde guerre mondiale, pour les faire parler. Bref, des antécédents tout sauf glorieux !
Mais le résultat est là : les troupes d'élite américaines "l'ont eu" et tout le monde dans le monde occidental semble s'en réjouir.

La mort de Ben Laden en tant que symbole et en tant que chef spirituel d'Al Qaïda est une bonne nouvelle, le recours à la torture beaucoup moins. Sans doute, faudrait-il que les démocraties s'interrogent sur les droits et contraintes qu'elles doivent se poser pour lutter contre un tel ennemi.
Ainsi, la fin du symbole d'invincibilité de Ben Laden valaient-ils une entorse à nos beaux principes : pas de torture, pas d'assassinat ?
Difficile, très difficile à dire.

La question vaut à tout le moins le coup d'être posée.

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