dimanche 3 juillet 2011

Appel à la démondialisation !

En 2005, 55% des Français disaient non à un Traité constitutionnel qui avalisait une soumission complète de l'Europe au capital. Malgré cela, les élites des grands partis majoritaires , Sarkozy, Villepin, Strauss-Kahn, Aubry, Hollande en tête, se sont empressées de ratifier un traité de Lisbonne à peu près équivalent. Le résultat de cet aveuglement est devant nous.
En 2008, la crise des subprimes a montré un système bancaire sans scrupules prêtant de l'argent à des pauvres gens qu'ils savaient pertinemment insolvables et dont ils financiarisaient les dettes avant de les refiler à leur voisin, pourrissant ainsi toute l’économie. Dans la foulée, les responsables politiques du monde entier, tout en jurant qu'ils allaient y mettre bon ordre, se sont mis à renflouer ce système bancaire mondial qui, par une triche généralisée, avait failli tous nous ruiner.
En 2009, les financiers internationaux parlaient déjà avec mépris des PIGS (« cochons » en anglais), Portugal, Italie, Grèce et Espagne, ces états surendettés de la zone euro.
Fin 2009, la quasi-faillite de Dubaï, suite à des investissements déraisonnés dans l’immobilier, montrait la voie à la cessation de paiement d’autres états.
En 2010, après avoir été ruinée par la faillite de la banque Icesave, l’Islande refusait par référendum de rembourser ses créanciers.
En 2011, alors que l'on se rend compte que les politiques ne peuvent (ou ne veulent) rien changer, la crise des dettes souveraines frappe avec violence la Grèce, mais on sait que le Portugal, l'Espagne ne valent guère mieux.


En gros, aujourd'hui, nous marchons sur la tête :
La Banque Centrale Européenne prête à environ 1-1,5% aux banques qui, elles, prêtent à 25% à la Grèce par exemple. Ce qui fait que lorsque l'Europe aide la Grèce, elle l'aide d'abord à payer les intérêts qu'elle doit aux banques. Alors que l'on nous avait promis de sanctionner les banques, les contribuables européens les financent grassement !!
La crise de la dette menace tout l'occident. Savez-vous qu'aujourd'hui, la France est tellement endettée qu'il faudrait 30 années d'une croissance à 3% (jamais atteinte depuis les années Jospin) pour rembourser notre dette ??!!
L'Europe qui se voulait à la pointe de la démocratie impose désormais un véritable diktat économique à la Grèce : ce pays "doit abandonner une majeure partie de sa souveraineté" pour reprendre les termes de J-C Junker, président de l'Eurogroupe.
L'euro qui se voulait une chance pour les Européens "fait tomber l'Europe" comme le dit Amartya Sen, prix Nobel d'économie. Tout le monde reconnaît aujourd'hui qu'avoir une même monnaie pour des économies si hétérogènes était une monstrueuse erreur ! (merci au traité de Maastricht !)
Enfin et sutout, on oublie que l'Europe, qui a ouvert largement ses frontières aux produits de pays à bas coût, sans considération ni écologique, ni des droits des travailleurs, ni des droits des enfants, ni des droits de l'homme (en Chine, les prisonniers travaillent gratuitement pour les exportations de leur pays), est la première responsable des délocalisations qui la frappent et donc de l’état calamiteux de son économie.

Il est temps de dire stop !
Stop à la goinfrerie des banques : que la BCE prête enfin directement aux états à 1 ou 1,5% et pas à 25% à travers les banques !
Stop à l'indépendance de la Banque Centrale Européenne vis-à-vis des politiques : la BCE doit avoir pour objectif la croissance et l’emploi en Europe, comme la Fed américaine ! Et non la seule lutte contre l'inflation pour aider l’industrie allemande !
Stop aux délocalisations ! Revenons à la situation d’avant Maastricht ; remettons des taxes douanières aux frontières de l'Europe pour contrer une concurrence qui ne prend pas en compte les droits minimum des travailleurs chez nous comme chez elle ! Protégeons nos emplois ! Par là même, nous protégerons les emplois grecs, portugais et espagnols qui contribueront à redresser l'économie de ces pays !
Contre les élites, nous avons eu raison en 2005 de voter contre le traité constitutionnel.

Faisons entendre nos voix en 2012 !

Votons pour la démondialisation !

Pour plus d'information, lisez :
Les écrits de Maurice Allais, seul prix Nobel d’économie français à ce jour, classé plutôt à droite, et qui proposait la délocalisation de Pascal Lamy, le patron français de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
"Le manifeste des économistes aterrés" : 600 économistes français posent les questions essentielles à notre futur.

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